Après avoir présenté de façon un peu rapide - je m'en excuse d'ailleurs auprès des visiteurs - les films de 2006 ayant été vus en 2006, je vais encore faire les critiques de
- WIE IM HIMMEL de Kay Pollack (film sorti en 2005 mais vu en 2006 au cinéma)
- JEAN-PHILIPPE de Laurent Tuel (film étant sorti en 2006 et vu à la télévision le 14.01.07.)
- HORS DE PRIX de Pierre Salvadori (film sorti en 2006 vu en 2007 au cinéma)
- MAUVAISE FOI de Roschdy Zem (pareil que pour Hors de Prix)
- JE VOUS TROUVE TRES BEAU de Isabelle Mergault (film étant sorti en 2006 et vu à la télévision en mars 2007)
::*** WIE IM HIMMEL (SA SOM I HIMMELEN)
Drame de Kay Pollack (SUEDE) avec Michael Nyvquist, Frida Hallgren, Helen Sjöholm, Lennart Jähkel, Ingela Ollson. Durée: 2h07
Après un accident, un célèbre compositeur retourne dans son village natal en Suède pour y diriger une chorale.
***: Ce film de Kay Pollack nous dresse avec beaucoup d'amour le reflet de la peinture locale d'un petit village suédois. Si le message humaniste est adressé avec un peu de maladresse, les deux acteurs principaux (Frida Hallgren et Michael Nyvquist) habitent leurs personnages et parviennent à mettre en place une histoire d'amour d'une intimité touchante. Puis, le film essaye d'aboutir magistralement, mais cela reste un peu maladroit. Pourtant, le tout demeure de qualité, car la fragilité et la faiblesse de certaines scènes donnent (peut-être involontairement) un aspect spontané. De plus le côté original du scénario qui illustre aussi le sujet de l'égale dignité de tous, permet à l'intrigue principale de s'écarter des histoires américaines (où il y a un héros qui retourne dans son pays et fait la loi).
Cela vaut le détour, simplement pour la belle musique et parce que c'est un film suédois.
:: ** HORS DE PRIX
Comédie de Pierre Salvadori (FRANCE) avec Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff, Jacques Spiesser. Durée: 1h43
Serveur timide dans un grand hôtel, Jean passe pour un milliardaire auprès d'Irène, aventurière intéressée. Quand elle découvre sa véritable identité, elle le fuit. Mais Jean, amoureux, la suit.
**: Hors de Prix peut avoir pour certains le charme désuet des comédies romantiques faites pour Audrey Hepburn et Fred Astaire, mettant un place un univers aisé où les principales distractions sont de bien choisir entre du caviar, du foie gras et de la langouste et de bien mettre son costume de bal.
Dans la première demi-heure de ce film, l'enthousiasme du spectateur va d'ailleurs croissant; le duo Elmaleh-Tautou fonctionnant bien, les gags étant le plus souvent inventifs et hilarants tel que celui de la promenade des chiens et les différents rebondissements, conjuguant comique de répétition (comme avec les parapluies), comique de langage et comique de gestes, le tout semblant mener au paroxysme de gags entremêlés et/ou se succédant avec saveur.
Mais finalement, comme si rien ne pouvait être parfait, le quiproquo burlesque concernant l'identité de Jean que Gad Elmaleh interprète souvent très bien, marque le début d'une longue période fade et lassante? Celle-ci ne semble n'être plus qu'une simple illustration d'hôtels luxueux, de milieux superficiels et immoraux ainsi que d'un amalgame d'adultères, de voyageuses intéressées et de riches qui en sont les dupes. A partir de ce moment-là, on plaisante sur la chirurgie esthétique et la musculation, et c'est indéniablement moins drôle. Certaines scènes contiennent encore par-ci par-là quelques répliques irrésistibles (le moment de séduction par exemple), mais comme on pouvait s'en douter, cela finit avec une histoire d'amour conventionnelle même si non insipide et l'intrigue ne progresse pas.
Le tout demeure relativement amusant et promet un moment divertissant, cependant les sketchs superposés, une certaine mièvrerie propre à chaque histoire d'amour d'une comédie et la fadeur de certains passages auraient dû être évités. A retenir néanmoins les belles prestations de Gad Elmaleh et d'Audrey Tautou, incarnant un personnage inhabituel de ceux qu'elle incarne d'habitude.
:: ***MAUVAISE FOI
Comédie dramatique de Roschdy Zem (FRANCE) avec Roschdy Zem, Cécile de France, Pascal Elbé, Jean-Pierre Cassel, Martine Chevalier. Durée: 1h28
Clara, jeune psychomotricienne est juive. Ismaël, lui, est un professeur de musique passionné de jazz et il est arabe. Ils forment un couple heureux et pleinement épanoui. Lorsque Clara tombe enceinte, c'est le plus beau jour de leur vie. Tout va bien, enfin presque...
***: Mauvaise Foi est tout d'abord une peinture crédible et réaliste des problèmes que peut connaître un couple de nos jours.
On aurait certes pu encore mieux exploiter le thème des religions causes de zizanie, mais ainsi Roschdy Zem a su atteindre d'autres dimensions en parlant d'autres sujets tout aussi importants comme la tolérance, l'égalité entre le sexe masculin et le sexe féminin - d'où l'intrigue avec la soeur passionnée de football - et la fidélité entre les deux membres d'un couple.
Et puis pour un premier film, pour une première expérience derrière la caméra, c'est bien sûr excellent. Notons également le casting talentueux: Roschdy Zem montre qu'il sait transposer des sentiments à l'écran avec son jeu, Cécile de France étincelle, Pascal Elbé est efficace et l'interprétation de Jean-Pierre Cassel est irréprochable - quoique son personnage n'est pas très important au sein de l'histoire. Cette fable agréable et émouvante en fin de parcours est une complète réussite, même si, comme beaucoup l'ont évoqués, le film pourrait ressembler à un film fait uniquement pour la télévision.
:: *** JEAN-PHILIPPE
Comédie musicale de Laurent Tuel (FRANCE) avec Fabrice Luchini, Johnny Halliday, Guillaine Londez, Antoine Duléry, Elodie Bollée, Olivier Guéritée. Durée: 1h30
Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand...Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas. Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star. Fabrice n'a plus qu'un seul but : ressusciter son idole, réveiller le «Johnny» qui sommeille en Jean-Philippe. Mais Jean-Philippe peut-il devenir en quelques mois ce que Johnny Hallyday a mis des années à construire ? Les deux compères ont 40 ans de «Johnny» à rattraper ! À travers l'aventure de ce pari impossible, une amitié extraordinaire va naître entre les deux hommes ce qui va changer à jamais le sens de leur vie.
***: Je tiens déjà à faire remarquer que si j'admire le timbre de la voix que Johnny Halliday peut adopter, je suis loin d'être un de ses fans et pourtant ce film m'a plu, c'est-à-dire que j'affirme qu'il ne faut pas spécialement adorer Johnny pour apprécier ce film, qui lui est pourtant consacré.
L'idée de la disparition de son idole du jour au lendemain - que ce soit Johnny Halliday ou un autre - est très intéressante et a été ici très aboutie, malgré le fait que le film ne dure qu'une heure et demi. Malgré quelques procédés un peu ridicules (lorsque tout le monde reconnaît le talent de Johnny par exemple) le film parvient en effet à captiver le spectateur, grâce à des dialogues saugrenus et drôles signés Christophe Turpin, qui est également le scénariste du film, et à la composition hilarante de Fabrice Luchini - parfait dans son rôle. La mise en scène de Laurent Tuel est sobre et l'on passe un bon moment à écouter les chansons "du plus grand rocker français de tous les temps" et à apercevoir de temps en temps la terreur sur le visage de Fabrice (le personnage de Fabrice Luchini), comme si la disparition d'un chanteur serait un avatar extraordinaire qui changerait le cours l'Histoire.
*** JE VOUS TROUVE TRES BEAU
Comédie dramatique française d'Isabelle Mergault avec Michel Blanc, Medeea Marinescu, Wladimir Yordanoff et Benoît Turjman. Durée: 1h37. Sortie: 11 janvier 2006.
César 2007 du meilleur premier film.
Aymé Pigrenet vient de perdre sa femme, électrocutée par une trayeuse électrique défectueuse. Il n'est pas submergé par le chagrin, mais anéanti par le travail qu'il va devoir désormais effectuer tout seul à la ferme. Très vite, Aymé s'aperçoit qu'il ne peut pas s'en sortir : l'intendance de la maison, le travail au poulailler, les bêtes à s'occuper? Il doit impérativement trouver une autre femme. Mais dans ce village, la chose n'est pas facile.
Aymé décide alors de faire appel à une agence matrimoniale. Contrairement aux autres « clients », il ne cherche pas l'âme s½ur mais seulement une femme solide, bien plantée sur ses deux jambes, susceptible de le seconder à la ferme. Comprenant qu'il ne recherche pas l'affectif mais l'utile, la directrice de l'agence propose à Aymé de se rendre en Roumanie où là, les filles sont prêtes à tout pour quitter la misère dans laquelle elles vivent.
Et c'est effectivement en Roumanie, qu'Aymé va rencontrer Elena.
***: Il est vrai que ce film est émaillé de clichés (paysan qui cherche une femme dans l'unique but d'avoir une aide à la ferme par exemple), mais cela n'empêche pas qu'il soit vraiment réussi.
Et rappelons à ce propos qu'il s'agit d'un premier film. Isabelle Mergault, la réalisatrice, qui a également écrit le scénario, a su moissonner en effet une histoire certes ordinaire mais qui rend attentif le public à un problème d'actualité (l'immigration difficile), donne à voir des personnages attachants (même si le personnage d'Aymé Pigrenet est un peu classique) et constitue un moment agréable, entre drame, film sentimental et comédie (bon humour), avec des dialogues efficaces.
Mais ce film perdrait beaucoup de sa saveur si on en enlevait les deux comédiens principaux, très bons; tout d'abord Michel Blanc qui colle parfaitement à la peau de son personnage en étant très crédible et parfois même émouvant. Il écarte donc les clichés et se montre irréprochable dans un rôle qui est pourtant très loin du rôle de Jean-Claude Gus, sous lequel le public le connaissait le mieux. Après on est obligé d'admettre le talent et le charme étonnants de Medeea Marinescu qui donne toute une dimension à son personnage et éblouit tout simplement. Michel Blanc et Medeea Marinescu, tout en prouvant leur talent individuel, forment un duo mémorable et attachant, qui est en fait l'un des grands points forts de ce film à l'aspect certes classique, mais agréable et émouvant à la fois. Très bien, un grand bravo à Isabelle Mergault !
Voilà, encore quatre petites critiques pour clore l'année 2006, caractérisée par la Coupe de football en Allemagne. Je remercie fortement Enzo, rédacteur de cinemafilm.skyblog.com qui m'a laissé pendant un certain temps écrire des critiques sur son blog. Je félicite cinefan, qui a l'audace, le courage et la patience de s'attaquer d'une façon concise à l'art complexe du cinéma et également gusto, qui présente sur son blog (qui fait déjà plus de 150 pages !) un riche panel d'oeuvres cinématographiques.
Dans les articles qui suivront, je mettrai les articles attribuant des récompenses aux films de 2006, que j'ai appelés les SAPHIRS (l'équivalent des Oscars et des Césars) et qui sont des récompenses personnelles. D'autre part, visteurs, vous êtes toujours les bienvenus, et vous pouvez bien sûr ajouter des remarques, des commentaires, des questions, des critiques, des suggestions et autres à tous les articles sans exception.
J'adopterai la mise en page que j'ai adopté pour les quatre critiques ci-dessus et essayerai de peaufiner mon blog, de motiver les visteurs, de profiter de l'occasion de parler de cinéma pour parler d'autres arts (c'est toujours bien quand les arts se conjuguent), etc. Encore un dernier point: je m'excuse pour ma maladresse à bien choisir toujours des affiches de la même taille, je ferais de mon mieux pour améliorer ce point-là.
Amitiés à tous et à toutes qui viendraient s'aventurer sur mon modeste blog.